17 juin 2009
16 juin 2009
La nature du Prince
Mots imposés par le club du mercredi
Des éoliennes gigantesques ont happé les petits oiseaux. Le silence soudain s’est installé et le vide, tel un serpent à sonnette sorti tout droit du jardin d’Eden, m’a avalée.
Moi, je ne suis pas Eve et, aux monstres égarés dans la nature enyaourtée de brouillard, je préfère le gentil panda blanc et noir.
Le paradis n’est pas ici. En tout cas, il n’est pas sur cette plage abandonnée par le soleil, livrée aux naturistes, aux mangeurs de chips et aux buveurs de coca.
Robinson lui, avait un pagne qui couvrait sa nature , n’est pas prince qui veut, mais les sauvages dans leur brutalité nous donnent des leçons de vie.
Rien ne sert de papillonner...la plénitude, je vous le dis : je l’ai trouvée dans mes écrits.
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DIEU OU DIABLE ?
C’était une nuit sans lune, presque sans étoile où l’obscurité dissout les êtres et les sentiments,
où le néant vous avale et vous digère.....comme un excrément !
Une nuit sans clair-obscur, sans chat huant, sans ombre ni mystère sans faux-semblant...ni pressentiment !
Je m’étais égarée à la fuite du jour, absorbé par un typhon géant que l’on nomme « temps », et déambulais à la dérive.
Une rue, puis une autre jouant à cache-cache avec la précédente, rond-point sans point d’encrage, trottoir glissant, portes sans fenêtre, fenêtres closes, volets repoussants !
Caniveau débordant, cris de chalands, pas nonchalants puis hésitants !
J’arrêtais un passant......
- Je suis perdue, je crois.
- Vous croyez ?
- Je le suppose
- Où allez-vous ?
- Je ne sais plus, je suis perdue je crois
- Vous le croyez ?
- Sans doute
- Il fait très sombre
- Oui, je vous devine sans vous voir
- Que devinez-vous ?
- Un vieillard
- Je suis intemporel, sans âge, ni rage
- Vous ai-je fait outrage ?
- Mais non ! Je suis un sage et ne m’embarrasse d’aucun sentiment ni ressentiment
- Qui êtes vous ?
- Je me croyais "deviné"
- Je suis perdue !
- Allez ! Vous vous êtes retrouvée
Alors, il disparu et la lune revint, telle une fugueuse repentante, lécher de ses rayons mes certitudes naissantes
L'aquarelle
Une belle embusquée
Derrière les bosquets
Etale ses jupons
Et ses mollets fripons.
Le jaune du soleil
Fait naître des merveilles
De nacrés tricolores
Fondus dans le décor
D’un jardin de pastels
Saupoudré d’arc en ciel.
Et, les lilas en fleurs
Ont fait battre le cœur
Du peintre qui rend les armes
Vaincu par l’aquarelle !
Soldat sans cri, sans larme
Descendu de son ciel.
Il a passé son doigt maculé
Sur l’auburn des cheveux,
Puis a fermé les yeux
Craignant de chavirer
Tout en parant la belle
De perles et de dentelles.
De sa palette, il a jeté
Le turquoise sur un champ d’été.
Noir et blanc, serait aussi bien
Se dit-il... étant daltonien !
L'étoile de mer...
Le retour fut morose...
Maman a crié : - Madie va prendre ton bain!
Elle voulait bien se laver de tout ce rouge qui la couvrait tel le voile écarlate d'une mariée incandescente.
Mais, le rouge "soleil couchant "qu'elle appelait et qu'elle fuyait, était aussi couleur de sang.
L'eau était tiède, son pied alla la "goûter" comme un oiseau craintif, le reste de son corps bascula dans la douceur mousseuse. Sa tête disparût dans le silence, ...enfouie.
Elle était dans le ventre de maman, des bruits lui parvenaient, comme chuchotements....La bulle où elle se terrait devint inaccessible.
Elle était petit poisson frétillant sous la houle, mignonne étoile de mer aux bras écartelés.
Si elle remontait, elle retrouverait le bruit, la lumière et la vie.
Alors, petite Madie, s’est faite sirène au jardin de Neptune
Un tourbillon l’a aspirée : Maman avait enlevé le bouchon de son rêve, elle était épave dans la baignoire… échouée.
Partir...avec le jour
Ce matin la nuit
Est mon ennemie.
Je la redoute,
Le noir...sans doute ?
Sème l’angoisse
Et me menace.
Alors, je traîne,
Je prends la « pause »
Il y a des chaînes
En toutes choses.
Trois petits tours,
Je partirai avec le jour.
Madie
Puis, était venu ce fameux jour ...
Ils avaient été très gentils. Ils s’étaient même frôlé la main, avaient échangé un sourire avant de la regarder. Ils étaient là comme des friandises fondantes et sucrées. Ils lui murmuraient qu'ils l'aimaient, qu’elle était leur petite fille à tous les deux.
Madie s'était engouffrée alors dans la grande prison de la méfiance, celle qui protège mais isole du monde des grands. Elle avait dressé des grilles, barricadé son coeur et son corps, croisé les bras sur sa poitrine, baissé la tête sur ses ballerines et fermé les yeux sur l’enfance achevée.
Elle n’avait pus éviter que les mots ne l'atteignent.
Désormais, elle les aimerait en dissocié, en pointillé, quartiers d'orange après quartiers d'orange, petites gorgées de l'un après petites gorgées de l'autre, sans jamais pouvoir les dévorer d'un coup comme une petite fille affamée! Toujours ...elle resterait sur sa faim.
La mi-temps
Troisième saison la mi-temps est passée…
L’automne est là……IL s’est approché sournoisement, à pas feutrés.
D’abord le regard s’est bordé de petits sillons étoilés, puis la bouche s’est affaissée.
C’est la loi de la pesanteur, la loi des leurres.
Les couleurs se sont fanées et le brouillard, dans mes yeux, s’est installé.
Voyage, naufrage il faut lutter ! Mon Octobre vient de commencer, bien sûr les feuilles vont tomber et d’un grand manteau recouvrir, les senteurs de mes souvenirs.
Mais, il me restera le feu, qui couve en moi et peu à peu, je transformerai en printemps, sans balancer avec le temps, la saison des amours en sommeil.
Je ramasserai champignons et châtaignes pour les chauffer et les ouvrir à l’appétit de mes désirs.
Aux glands, je préfère le chêne, force et ombrage me donnera et me gardera de la peine.
Lorsque le frisson de l’hiver, viendra frôler mon dos vaincu …alors je quitterai la scène, sans un salut !
22 mai 2009
Nos petits exercices
Les mots imposés sont soulignés...ou en italique!
L'oraison Brésilienne
L’oraison brésilienne
A Venise, les « je t’aime » sont embarqués
Sur des gondoles embusquées.
Voguent les serments déclamés,
Aux pieds des palais délabrés.
Les masques tombent des étals,
Ce ne sont que marchands du temple
Pourtant des siècles nous contemplent
Sur les berges du grand canal !
Mais c’est sous l’or de la nuit,
Lorsque bruissent les clapotis,
Qu’Arlequin rejoint Colombine
Pour l’aimer en sourdine.
Nous faut-il donc jeter un voile,
Attendre l’heure des étoiles,
Pour qu’un monde soit esquissé,
Redessiné dans nos pensées ?
Alors « viva carnaval »,
Les favelas ouvrent le bal,
Samba dansée pour oublier
Que la misère est colorée.
Mille confettis ont parsemé
La vase noire détrempée.
Nice, Rio, vous le sentez,
Ne sont que roses de papier !
Bientôt elles seront déchirées,
Pas même fanées !
Mettez un crèpe sur le crépon
Et faites deuil d’illusions !


