Il était une fois la vie...
Derrière la fenêtre, il y a :
Des fleurs et des pergolas,
De petits buis, bien alignés
Et des bancs, où te poser.
Mais dans ton lit, tu restes là
Naufragée de tes souvenirs,
La vague qui t’emportera
Parfois nous rejette un sourire.
Lorsque tes yeux sont océan,
Des lagons scrutant mon visage,
Je songe à nos petits enfants
A qui va manquer ton image !
On nous aura changé l' histoire,
La grand-mère n’était pas croquée
Par ce loup dévoreur d’espoir
Aux grandes dents si affamées!
Je vais donc arracher la page,
Et te rendre au conte de fée
Que l’on raconte aux enfants sages
Pour que la vie leur soit « beauté ».
ces mots je les adresse à nos petites filles "Clarisse et Iris" que nous avons en commun, tu n'es pas seulement : l'autre grand-mère, tu es mon AMIE.
voilà.... tu es partie sur la pointe des pieds.
Lorsque je t'ai rencontrée,
tu attendais un bébé.
Moi, le mien était une "pensée"!
Cette année, ils vont se marier,
nous en avions tellement rêvé
Dieu que tu vas me manquer!
Le point des jours
Que fais-tu là ?
La petite fille en toi s’est endormie
Au jardin des oublis
Et la femme a enterré ses rêves
Sous des monceaux de compromis.
Que fais-tu là ?
A courir comme ça …
Le temps « dévidé » à l’écheveau des jours
Est étiré sans retour,
Tu ne pourras pas tricher,
Et ne pourras reconstituer
La pelote douce et tendre,
Tu es en novembre!
Plus de point sautillé.
Oublié le point « mousse »
(douce douce )
Tu n’hésiteras plus au point croisé
Ni ne repriseras ton cœur déchiré !
Juste cou chauffera
L’écharpe de vieillesse tricotera
Frangée de soupirs,
Ourlée de souvenirs.
la muse du poète
l
La muse du poète
Joua les trouble-fête
S'en allant au bal
Des esprits du mal.
Il faut dire pourtant
Il y avait eu "avertissement"
Souvent plume troublée
Était restée levée !
Au bric à brac des pensées
Le poète alla requérir
L’aide du meilleur et du pire.
Mais point de muse, ni de mots,
Seulement des doutes à partager,
Y avait-il eu l’écrit de trop ?
Alors un jour, sur Internet,
Il alla titiller la prose
Des autres poètes.
Mais écrire, il n’ose…
Il pria le dieu des talents
Pour cesser d’être transparent.
Sur le lit des songes éphémères
Il étala ses chimères.
Et regardant la lune rousse
Éplucha un pamplemousse.
Le fruit est tiré par le vers?
Mais, sans muse… ca fera l’affaire !
Harmonie.
Sur la toile de mes insomnies
Viens jouer le thème en harmonie
Tu as la clé pour composer
Un paysage coloré.
Nuance bien tous les pastels
Toute la gamme des bleus du ciel
Et instrumente mon émoi
Sans prolonger le désarroi
Que peut générer le bémol.
Rejoue-moi tout en fa en sol
Mais pour achever le tableau
N’en fait pas trop !
Et Jo Dassin chantait...
...un truc qui m'colle encore au coeur et au corps...
Il a dit : « salut »
Ses yeux en disaient plus.
J’ai aspiré mon coca gin
Il avait le cul de James Dean.
La fumée nous a estompés
Je le voyais en...pointillés.
Il a dit : « tu me fais bander »
La nonne en moi, était choquée !
On n’m’avait jamais regardée
Comme un lot de fête foraine
Je me sentais comme accrochée
A la patère des joies sans peine.
« Et l’on s’aimera encore
Lorsque l’amour sera mort »
Susurrait Jo,
L’homme qui me regardait
Ne m’aimerait jamais.
J’avais trop chaud,
La sueur perlait
J’étincelais
Comme un bijoux de luxure,
Je crois que je l’ai touché
Surtout... être sûre
...De ne pas rêver !
Si un sapin m'était conté...
Elle m’a sorti de sa mémoire, un soir.
M’a habillé de ses pensées, cachées.
M’a choisi grand, comme le temps… passé.
J’attendais, suffit-il d’y croire, pour voir.
Première boule d’un rose pâle, si pâle
Et premier cri à la vie jeté, claironné!
Message clair pour la postérité :
Moi, au sommet, je m’en vais m’accrocher.
Boule à facettes, nichée sur le côté,
Tous les émois d’un cœur soulevé,
Éclats d’amour en multiple « brisées »,
Reflets changeants, sentiments reprisés !
La boule noire a bien failli tomber,
Lourde de tous les absents envolés,
Ombres valsant aux Noëls passés,
Souvenirs tendres, tendrement balancés.
La boule d’or est venue m’éclairer,
Symbole fort d’un bonheur retrouvé,
Miroir où tanguent les nouveaux arrivés :
Petits lutins qu’elle couve à les briser !
La boule « argent » a bien failli rester
Coincée au fond de la boite à idées.
L’a extirpée, les manches retroussées
Comme revanche aux échecs comptés.
Dernière boule qu’elle ne peut oublier
En transparence, y dorment deux bébés
Collés serrés pour toute éternité.
Comme il fait noir !
Elle m’a enfoui dans sa mémoire…ce soir.
Mal à Benjamin
Il est un prince dans les étoiles
Qui regarde la terre.
D’un nuage il fait une voile,
Dans ton cœur, s’étend le désert.
Sans doute te fait-il un signe:
Un arc en ciel ou une vigne
Qui donne un vin nouveau et frais
Pour rafraîchir ton palais ?
Mais le vois-tu en toi, enfoui,
Ce prince des mille et une nuits,
Blanches comme l’absence,
Noyées de silence.
Il nous faut la foi de l’enfance
Il nous faut la joie de penser
Qu’après l’hiver viendra l’été
Notre bonheur est en balance.
Il est un prince dans les étoiles
Jamais ne fêtera ses vingt ans
Il est un prince dans les étoiles
Pour qui s'est arrêté le temps.
la femme au tableau
Ses petits talons rythment la cadence de ses pas
Elle rejette à l’arrière les cheveux virtuels qui encombrent encore sa nuque.
Pourtant, la coupe est courte, l’habitude seule a déclenché le geste.
Les petites marionnettes s’agitent sur le trottoir.
Les fils du destin tendent les bras, avancent les jambes et agitent les têtes.
Il faut se hâter, la vie n’attend pas, dévorons le présent pour mieux digérer
le passé, tout en se gardant une petite faim pour l’avenir.
Pourquoi elle ?
Pourquoi ne pas avoir photographié le gros homme
dégoulinant de sueur ou la femme fardée, maquillée par le temps et dont les
paupières lourdes gardent le poids des insomnies passées ?
Parce qu’un tableau est niché sous son bras. Parce que le paysage qui danse sous la manche retroussée, chante les couleurs flamboyantes d’une église colorée.
Parce que le soleil a envahi l’espace et que la grisaille de novembre s’en est trouvée diluée dans la chaleur d’un petit rectangle de toile multicolore trottinant joyeusement sur le pavé !
Le champ de coquelicots
Dans un champ zébré
De coquelicots indolents,
Elle joue une Eve agressée
Par des pectoraux conquérants !
Son corps est un paysage
Que l’homme explore lentement :
L’ovale parfait d’un visage,
Puis une gorge désirable,
Douce vallée où se perd
Le voyageur qui désespère.
Et le nombril n’est qu’une étape
Dans cette quête de terre promise
Enfin le but du voyage :
Le mont pubis,
Se profile tel un mirage
Au yeux du pèlerin égaré.
Il atteindra sans être sage
Le ciel à l'orage éclaté.
Léry-Pose
Le dernier envol…
A Léry-Pose,
Les mamies se posent.
Enchapeautées,
Etonnées,
D’être là,
Dénaphtalinées,
Dans leurs yeux, la joie,
Etait programmée.
Il faudra danser,
Joyeuse guinguette,
Aux autres montrer
Leur cœur échardé
Et leurs joues reinettes.
A Lery-Pose,
Les mamies n’osent
Se dévoiler.
Pourtant, le passé
Est un voyage.
Ah, se retourner,
Partir sans bagage
Et surtout laisser
Un corps étranger.
A Léry-Pose
Les mamies sont roses
Et ont perdu cette vêprée
Les plis de leur robe pourprée.
Pourront-elles voler
Le rêve enchanté
Et d’oubli, murer,
La réalité ?
A Léry-Pose
Les mamies se reposent
Sur une terre brûlée
Ne donnant plus de blé !




