LES MOTS POUR LE DIRE...

13 septembre 2017

Le germe et moi

Quelle est cette souffrance

Qui ne s’en va pas,

J’en ressens l’outrance

Tout au fond de moi ?

Ennemi sournois

Caché dans l’émoi,

Que ne puis-je t’abattre

Me gorger de toi. ?

Tu es dans mon corps

Comme un soldat mort

Au champ des « pourquoi. »

Je serai guerrière,

Dresserai des barrières

Et tous mes drapeaux

Porteront très haut

Ma foi cavalière !

Je te terrasserai

Microbe dragon

Et te vomirai

Dans mes déjections !

 

 

 

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La Baule les Pins

 

C’était une chambre sans âme,

Le couvre-lit était infâme

Mais, nous avions si faim…

A la Baule les Pins.

Lorsque nous nous sommes aimés,

Mon enfance envolée

Comme cerf-volant de papier

...Je me suis sentie dépouillée !

Des ombres sont venues lécher

Les murs de la chambre sans âme.

Les bougies se sont consumées.

Dans nos cœurs, de petites flammes

Incendiaient  nos corps et nos mains

…A la Baule les Pins.

Puis, un bruit de clé a tinté

Faisant trembler notre royaume.

Madame le juge était entrée !

Mon "amour" m’a regardée,

Et son regard fut un baume

Sur ma nudité... drapé.

Après toutes ces années,

Je n’ai pas pardonné.

A ces enfants que nous étions

Je donne « absolution »

Toutefois « nostalgie » me vient…

En pensant à la Baule les Pins

Posté par anydevreux à 18:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

17 décembre 2015

atelier d'écriture "le roman policier découverte du corps"

15 mn pour écrire....

 

Sonnerie stridente !

Linette cherche à tâtons ses foutue mules. Le lit est tellement bas aujourd’hui ! Son dos la rappelle à l’ordre. Elle traine les pieds jusqu’à  la salle de bains. La lumière crue lui ferme les yeux.

En les rouvrant, elle se découvre dans le miroir.

- Purée quelle tête ! Je vais arrêter les bulles ! Miroir mon beau miroir, que ne me mens-tu parfois !

Le jet de la douche la débarrasse de ses pensées dévastatrices.

Un café noir sans sucre, quelques doigts glissés dans ses cheveux courts et la voilà prête.

Une porte qui claque. Décidemment dure journée pour elle : la pluie, le retard et son portable qui est atteint d’une danse de sin gui.

Hé non, elle n’est pas seule au monde et le monde se rappelle à elle.

Pour couronner le tout, sa voiture hoquette… et la chaudière qu’il a fallu changer… et Brice qui lui réclame un supplément pour ce mois ci !...études longues, études chères !

Son investissement principal ?....la tête de son fils !

Enfin la voici arrivée ! Elle anime depuis peu un atelier  d’écriture, son statut de prof de Français la désignait d’office, elle n’a pas eu trop le choix à vrai dire. Mais, elle trouve finalement  touchants et plutôt sympathiques les « écrivains du dimanche » dont elle s’occupe.

Tiens…c’est bien silencieux.  Bertrand, le collègue avec qui elle partage le poste, est plutôt du genre bavard.

Elle peine à ouvrir la porte. Quelque chose bloque.

Linette en a vu d’autres, un bon coup d’épaule et…Mais ça résiste !

Elle réussit enfin à se faufiler et glisse sur un sol gluant qui éclabousse ses bottes à franges.

- Non mais qu’est ce que c’est que ce truc ?

Elle réalise soudain qu’elle patauge dans une mare de sang.

Bertrand ne sera décidément plus très causant : il git à ses pieds, un couteau planté en plein cœur !

Ses yeux grand-ouverts  la dévisagent et elle détourne son regard subrepticement.

Sa tolérance devant tant d’horreur a des limites !

 

 

 

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atelier d'écriture exercice roman à l'eau de rose "retrouvaille et fin"

 15 mn pour écrire

 

 Max, le vent, la tempête, pénétra tel un courant d’air dans la petite salle. Une blouse blanche tenta de l’arrêter.  En vain : on ne stoppe pas le vent !

   Il avait appris  par une indiscrétion qu’ELLE était chambre 13. Il ne croyait pas au malheur. Le bonheur était pour lui une devise, un étendard, un état.

   Lorsqu’il ouvrit la porte, il découvrit son corps, comme recroquevillé : une esquisse de la femme qu’il avait aimée.

   L’ouragan, en lui, devint brise et il se pencha pour qu’elle en ressenti la tiédeur.

   Elle le pressenti avant d’être consciente de sa présence et se retourna vaincue par l’évidence de l’effet qu’il avait toujours eu sur elle : tous ses sens le reconnaissaient : « parce que c’était ELLE, parce que c’était LUI ! »

   

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15 novembre 2015

Comme dans un Renoir,

Comme dans un Renoir,

Tu as lissé tes cheveux noirs.

Nous avons étalé sur l’herbe

La couverture à carreaux

Et avons conjugué le verbe

« Aimer trop » !

Sur ta bouche du chocolat

A engourmandé ton baiser,

Le bonheur est passé par là

Et la rivière a murmuré

Des clapotis de « tu verras ».

Comme dans un Renoir

Ma jupe a froufrouté l’espoir

Que cette heure toujours soit !

Sur nos visages extasiés

Se rapprochant à se frôler 

Le peintre a d’un coup de gouache,

Rougit les lèvres et les joues

Faisant surgir comme des tâches

…De sang… sur nous.

Comme dans un Renoir,

Nous avons gardé la pose

Nous refusions de croire

Qu’il y a fin à toute chose.

Mais le tableau est accroché

Au  bric à broc des  pensées

Je vais parfois le regarder

…S’empoussiérer

Posté par anydevreux à 15:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


le baiser de Lili

 

 

Le baiser de Lili

 

Je n’aurais pas dû l’embrasser, mais tout de même, ce baiser, c’était du miel, une madeleine fondante, du chocolat en fusion dans un volcan de sensations !

 

J’ai envie de danser, de m’étourdir dans une farandole solitaire, sans mains pour tenir les miennes, à petits pas, à la façon des Geishas.

 

Ce que j’éprouve ne peut se définir par des mots, seulement par des silences qui s’effilochent telles les notes d’une musique que je compose avec mes sens.

 

Le lampadaire me renvoie l’image d’un autre qui se noie sous une lumière trop crue. Nous sommes infiniment petits, écrasés par le poids des non-dits, des trop gardés en bouche et en cœur : insectes qu’un jardinier aurait déterrés pour leur donner un léger souffle de vie.

 

Non, vraiment, je n’aurais pas dû l’embrasser !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par anydevreux à 15:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Tournez, tournez les pages...

Amitié de pâte à mâcher

...Bien écrasée !

Dans ma main, je vous ai serrés

Vous n’avez plus ni pieds, ni nez !

 

« Etiez amis que vent emporte

Et il ventait devant ma porte » !

Sentiments chiffonnés,

Ecrivains de papier !

 

Vous avez tourné toutes les pages

Mis dans la marge,

Nos fous rires et nos mots.

Il y a-t-il eu des maux de trop ?

 

Trois petits tours et puis s’en vont

Les marionnettes et les passions.

Dans ma paume, roule,

Petite boule !

 

Tu deviendras, jouez crécelles,

« Boule de Noël !

Je t’accrocherai dans le sapin

De mes chagrins !

 

Posté par anydevreux à 15:23 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

l'enfant perdu

 

« Il y a un chemin

Qui ne mène à rien

Ce sera le tien

Je lâcherai ta main.

Seul, tu avanceras.

Pour faire ce voyage

Vers le grand naufrage"

Ce matin, le printemps est là

Le cerisier est en fleurs

Et ces putains d’oiseaux

Ont entonné leur chœur.

Si le mien se soulève

C’est de déborder trop

Une vie qui s’achève

C’est un bateau qui part

Le tien n’est pas bien gros

Mais déjà il s'égare.

Je te vois t’éloigner,

Sur les vagues ,emporté,

Loin de mes bras tendus

Voilà, je t’ai perdu !

 

 

Posté par anydevreux à 15:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le Peintre

 

 

Le Peintre à Honfleur.

 

 

 

 

Il a le regard qui flash. Ses yeux caressent le paysage, contournant les rondeurs,

prenant de la distance et fixant les couleurs.

Il piétine à petits pas sautillants, s’exaspérant de notre lenteur.

Le « trait » est dans sa tête. Le sujet prend de l’ampleur.

Son cœur est sa palette, l’instrument de ses humeurs.

Ses doigts, tels des pinceaux, pianotent fébrilement sur l’appareil photo.

Il veut emporter le sujet, l’enfermer à jamais pour le restituer dans un éclaboussement écarlate !

Renaissance dans la douleur,

accouchement d’un leurre.

Il est le loup devant la proie, il s’en empare et la foudroie !

Mais sur le tableau immaculé, elle renaîtra !

Je fais partie de l’aquarelle,

petite tâche dans un coin de pastels,

j’aimerais tant, moi aussi,

…colorer la vie.

Mais je n’ai que des mots à poser dans la marge.

Les lettres sont ma gouache et la page est ma toile.

L’homme en rouge est passé …

voleur d’âmes et de pensées,

au pays des « marines » enchantées,

il a tout emporté !

 

Antonin POLLINA est parti pour le paradis des peintres.....une pensée pour lui ANY

 

Posté par anydevreux à 15:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

08 novembre 2015

Mots imposés

 

   Il y avait bien 20 minutes qu’il errait à tâtons, se perdant dans la brume d’un hiver sans joie.

   Juste après la station « Total », une déviation l’avait fait dériver. Son camion, vaisseau fantomatique, fendait la grisaille se diluant dans un paysage flou, opaque et glauque. Il contenait sa rage en faisant craquer les cartilages de ses doigts impatients sur l’innocent volant abandonné à sa vindicte.

  Il roulait à l’aveugle dans un cocktail de brouillard et de givre qui engourdissait son corps et annihilait ses pensées.

   Son regard accrocha soudain la petite pancarte : « les routiers sont sympa » qui bringuebalait sur le tableau de bord. Il se lâcha :

   - Sympa, sympa…mais y a des limites, hurla-t-il. Quelle idée aussi de suivre leur déviation à la con !

   La voix du camionneur encamionné emplissait l’habitacle saturé de fumée : odeur de tabac froid, opacité de l’air dedans, devant, derrière : il était cerné, échoué sur la grève de ses faiblesses, abandonné à ses regrets.

   La donzelle du calendrier lui souriait niaisement au milieu des palmiers, petit port où accoster, île sans mouette ni cormoran battue par le vent de l’indifférence.

   Mine renfrognée, le corsaire égaré entreprit de se ravigoter généreusement à grandes lampées de Schnaps. L’âcre boisson, dont il faisait à présent grande consommation, lui dégoulinait dans le cou, inondant sa mémoire, balayant le blues qui lui serrait la gorge…il ne songeait même pas à s’éponger à l’aide de la serviette douteuse qui traînait sur la banquette arrière.

   - Putain de route, putain de métier !

   Excédent de mauvaise humeur, cristallisation de pensées négatives accrochées à un pare-brise givré, rêves brisés que les essuie-glaces ne pourraient jamais balayer.

Posté par anydevreux à 12:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]