LES MOTS POUR LE DIRE...

17 décembre 2015

atelier d'écriture "le roman policier découverte du corps"

15 mn pour écrire....

 

Sonnerie stridente !

Linette cherche à tâtons ses foutue mules. Le lit est tellement bas aujourd’hui ! Son dos la rappelle à l’ordre. Elle traine les pieds jusqu’à  la salle de bains. La lumière crue lui ferme les yeux.

En les rouvrant, elle se découvre dans le miroir.

- Purée quelle tête ! Je vais arrêter les bulles ! Miroir mon beau miroir, que ne me mens-tu parfois !

Le jet de la douche la débarrasse de ses pensées dévastatrices.

Un café noir sans sucre, quelques doigts glissés dans ses cheveux courts et la voilà prête.

Une porte qui claque. Décidemment dure journée pour elle : la pluie, le retard et son portable qui est atteint d’une danse de sin gui.

Hé non, elle n’est pas seule au monde et le monde se rappelle à elle.

Pour couronner le tout, sa voiture hoquette… et la chaudière qu’il a fallu changer… et Brice qui lui réclame un supplément pour ce mois ci !...études longues, études chères !

Son investissement principal ?....la tête de son fils !

Enfin la voici arrivée ! Elle anime depuis peu un atelier  d’écriture, son statut de prof de Français la désignait d’office, elle n’a pas eu trop le choix à vrai dire. Mais, elle trouve finalement  touchants et plutôt sympathiques les « écrivains du dimanche » dont elle s’occupe.

Tiens…c’est bien silencieux.  Bertrand, le collègue avec qui elle partage le poste, est plutôt du genre bavard.

Elle peine à ouvrir la porte. Quelque chose bloque.

Linette en a vu d’autres, un bon coup d’épaule et…Mais ça résiste !

Elle réussit enfin à se faufiler et glisse sur un sol gluant qui éclabousse ses bottes à franges.

- Non mais qu’est ce que c’est que ce truc ?

Elle réalise soudain qu’elle patauge dans une mare de sang.

Bertrand ne sera décidément plus très causant : il git à ses pieds, un couteau planté en plein cœur !

Ses yeux grand-ouverts  la dévisagent et elle détourne son regard subrepticement.

Sa tolérance devant tant d’horreur a des limites !

 

 

 

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atelier d'écriture exercice roman à l'eau de rose "retrouvaille et fin"

 15 mn pour écrire

 

 Max, le vent, la tempête, pénétra tel un courant d’air dans la petite salle. Une blouse blanche tenta de l’arrêter.  En vain : on ne stoppe pas le vent !

   Il avait appris  par une indiscrétion qu’ELLE était chambre 13. Il ne croyait pas au malheur. Le bonheur était pour lui une devise, un étendard, un état.

   Lorsqu’il ouvrit la porte, il découvrit son corps, comme recroquevillé : une esquisse de la femme qu’il avait aimée.

   L’ouragan, en lui, devint brise et il se pencha pour qu’elle en ressenti la tiédeur.

   Elle le pressenti avant d’être consciente de sa présence et se retourna vaincue par l’évidence de l’effet qu’il avait toujours eu sur elle : tous ses sens le reconnaissaient : « parce que c’était ELLE, parce que c’était LUI ! »

   

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15 novembre 2015

Comme dans un Renoir,

Comme dans un Renoir,

Tu as lissé tes cheveux noirs.

Nous avons étalé sur l’herbe

La couverture à carreaux

Et avons conjugué le verbe

« Aimer trop » !

Sur ta bouche du chocolat

A engourmandé ton baiser,

Le bonheur est passé par là

Et la rivière a murmuré

Des clapotis de « tu verras ».

Comme dans un Renoir

Ma jupe a froufrouté l’espoir

Que cette heure toujours soit !

Sur nos visages extasiés

Se rapprochant à se frôler 

Le peintre a d’un coup de gouache,

Rougit les lèvres et les joues

Faisant surgir comme des tâches

…De sang… sur nous.

Comme dans un Renoir,

Nous avons gardé la pose

Nous refusions de croire

Qu’il y a fin à toute chose.

Mais le tableau est accroché

Au  bric à broc des  pensées

Je vais parfois le regarder

…S’empoussiérer

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le baiser de Lili

 

 

Le baiser de Lili

 

Je n’aurais pas dû l’embrasser, mais tout de même, ce baiser, c’était du miel, une madeleine fondante, du chocolat en fusion dans un volcan de sensations !

 

J’ai envie de danser, de m’étourdir dans une farandole solitaire, sans mains pour tenir les miennes, à petits pas, à la façon des Geishas.

 

Ce que j’éprouve ne peut se définir par des mots, seulement par des silences qui s’effilochent telles les notes d’une musique que je compose avec mes sens.

 

Le lampadaire me renvoie l’image d’un autre qui se noie sous une lumière trop crue. Nous sommes infiniment petits, écrasés par le poids des non-dits, des trop gardés en bouche et en cœur : insectes qu’un jardinier aurait déterrés pour leur donner un léger souffle de vie.

 

Non, vraiment, je n’aurais pas dû l’embrasser !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tournez, tournez les pages...

Amitié de pâte à mâcher

...Bien écrasée !

Dans ma main, je vous ai serrés

Vous n’avez plus ni pieds, ni nez !

 

« Etiez amis que vent emporte

Et il ventait devant ma porte » !

Sentiments chiffonnés,

Ecrivains de papier !

 

Vous avez tourné toutes les pages

Mis dans la marge,

Nos fous rires et nos mots.

Il y a-t-il eu des maux de trop ?

 

Trois petits tours et puis s’en vont

Les marionnettes et les passions.

Dans ma paume, roule,

Petite boule !

 

Tu deviendras, jouez crécelles,

« Boule de Noël !

Je t’accrocherai dans le sapin

De mes chagrins !

 

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l'enfant perdu

 

« Il y a un chemin

Qui ne mène à rien

Ce sera le tien

Je lâcherai ta main.

Seul, tu avanceras.

Pour faire ce voyage

Vers le grand naufrage"

Ce matin, le printemps est là

Le cerisier est en fleurs

Et ces putains d’oiseaux

Ont entonné leur chœur.

Si le mien se soulève

C’est de déborder trop

Une vie qui s’achève

C’est un bateau qui part

Le tien n’est pas bien gros

Mais déjà il s'égare.

Je te vois t’éloigner,

Sur les vagues ,emporté,

Loin de mes bras tendus

Voilà, je t’ai perdu !

 

 

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Le Peintre

 

 

Le Peintre à Honfleur.

 

 

 

 

Il a le regard qui flash. Ses yeux caressent le paysage, contournant les rondeurs,

prenant de la distance et fixant les couleurs.

Il piétine à petits pas sautillants, s’exaspérant de notre lenteur.

Le « trait » est dans sa tête. Le sujet prend de l’ampleur.

Son cœur est sa palette, l’instrument de ses humeurs.

Ses doigts, tels des pinceaux, pianotent fébrilement sur l’appareil photo.

Il veut emporter le sujet, l’enfermer à jamais pour le restituer dans un éclaboussement écarlate !

Renaissance dans la douleur,

accouchement d’un leurre.

Il est le loup devant la proie, il s’en empare et la foudroie !

Mais sur le tableau immaculé, elle renaîtra !

Je fais partie de l’aquarelle,

petite tâche dans un coin de pastels,

j’aimerais tant, moi aussi,

…colorer la vie.

Mais je n’ai que des mots à poser dans la marge.

Les lettres sont ma gouache et la page est ma toile.

L’homme en rouge est passé …

voleur d’âmes et de pensées,

au pays des « marines » enchantées,

il a tout emporté !

 

Antonin POLLINA est parti pour le paradis des peintres.....une pensée pour lui ANY

 

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08 novembre 2015

Mots imposés

 

   Il y avait bien 20 minutes qu’il errait à tâtons, se perdant dans la brume d’un hiver sans joie.

   Juste après la station « Total », une déviation l’avait fait dériver. Son camion, vaisseau fantomatique, fendait la grisaille se diluant dans un paysage flou, opaque et glauque. Il contenait sa rage en faisant craquer les cartilages de ses doigts impatients sur l’innocent volant abandonné à sa vindicte.

  Il roulait à l’aveugle dans un cocktail de brouillard et de givre qui engourdissait son corps et annihilait ses pensées.

   Son regard accrocha soudain la petite pancarte : « les routiers sont sympa » qui bringuebalait sur le tableau de bord. Il se lâcha :

   - Sympa, sympa…mais y a des limites, hurla-t-il. Quelle idée aussi de suivre leur déviation à la con !

   La voix du camionneur encamionné emplissait l’habitacle saturé de fumée : odeur de tabac froid, opacité de l’air dedans, devant, derrière : il était cerné, échoué sur la grève de ses faiblesses, abandonné à ses regrets.

   La donzelle du calendrier lui souriait niaisement au milieu des palmiers, petit port où accoster, île sans mouette ni cormoran battue par le vent de l’indifférence.

   Mine renfrognée, le corsaire égaré entreprit de se ravigoter généreusement à grandes lampées de Schnaps. L’âcre boisson, dont il faisait à présent grande consommation, lui dégoulinait dans le cou, inondant sa mémoire, balayant le blues qui lui serrait la gorge…il ne songeait même pas à s’éponger à l’aide de la serviette douteuse qui traînait sur la banquette arrière.

   - Putain de route, putain de métier !

   Excédent de mauvaise humeur, cristallisation de pensées négatives accrochées à un pare-brise givré, rêves brisés que les essuie-glaces ne pourraient jamais balayer.

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25 octobre 2015

Cadavre exquis....mes devoirs!

   

   Tout avait commencé le 11 Aout 1999…je travaillais sur un projet de réhabilitation d’une Ile abandonnée au large de la lagune à Venise.

   Je venais de terminer mes études et,  mon diplôme d’archi en poche, je me sentais prêt à construire un monde fait de géométrie variable dans l’espace.

   Je ne doutais pas !

   J’avais banni de mon vocabulaire certains mots comme : peut-être, pas sûr, difficile et doute, pour porter en étendard les : Je peux, sans problème, génial et certainement.

   J’avais eu 26 ans la veille et j’étais rebelle à toute pensée négative.

   Le monde m’appartenait !

   La jeunesse possède cette naïveté que l’on perd avec les années ou…pas ! Certains la conservent jusqu’à la fin de leur vie et gardent en eux une capacité d’émerveillement que je leur envie.

   Mais, revenons à Venise, à la lagune, aux palazzos : sentinelles postées le long du grand canal et qui observaient, derrière leurs vénitiennes closes le défilé incessant des vaporettis qui déversaient dans la Sérénissime le flot ininterrompu des estivants en mal de romantisme.

 

   Ils ne savaient pas encore, ces innocents, qu’ils allaient immanquablement  « tomber en amour » pour cette ville au charme enchanteur appelée par certains : la Dominante.

   J’avais donc été conduit par Bonato Biasion sur l’Ile de Poveglia.

   Le mutisme de l’homme, durant le trajet à bord du petit s’cispon qui fendait l’eau trouble de la lagune, m’avait interpellé. Mais je gardais en ligne de mire mon île attendue.

   Lorsque nous accostâmes, je constatai que le lieu était désert et qu’une brume  couvrait d’un voile fantomatique les contours de toutes choses, mélangeant le ciel et la terre en un amas glauque… déconcertant !

   Je trébuchai contre un cube de pierre taillée qui portait l’inscription : « NE FODIAS VITA FUNCTI   CONTAGIO REQUESCUNT », mes bases d’italien me permirent de traduire en : Les contaminés ne creuseront pas de nouvelles tombes pour les morts !

   J’avais vu en me retournant le visage de Bonato d’une pâleur diaphane, auréolé de brume, qui m’avait fait reculer.

   -mais qu’est ce que c’est que ce cirque ?

   -On ne vous a pas informé ?

   -Informé de quoi ?

   - …mais nous sommes sur l’île maudite, tous les Vénitiens la redoutent. Autrefois, on y bannissait ceux qui étaient atteints par la peste, c’était terrible. Il suffisait d’être présumé malade pour y être conduit. Bon moyen pour se débarrasser de gens encombrants.

   - Un Lazaret infâme qui accueillait toute la détresse humaine ?

   Je frissonnais, j’étais pourtant cartésien  et ne croyais qu’à la réalité des faits auxquels je m’accrochais comme un beau diable.

   DIABLE, soudain je l’avais pressenti, dans le bruissement  des feuilles, dans le murmure de voix désincarnées qui s’élevaient et me sollicitaient « viens, viens… » Et dans le chuintement de l’eau qui battait la riva.

 -  Bien avais-je dit d’un ton péremptoire, nous reviendrons sous le soleil.  

   Le lendemain soir, j’étais invité chez la signora Johanna Biason, à une fête en son portego.  Lassé des mondanités,  je me faufilai le long des portraits de famille et des coupes tendues, pour m’extirper sur la ruga qui bordait le grand canal.

   Nous étions le 11 Août 1999 et une éclipse totale avait pour un temps gommé le monde de la Cité des Doges. On dit en parlant de ce phénomène qu’un loup a attrapé le soleil !

   Je me hâtais à tâtons vers mon hôtel,  quand des cris déments envahirent l’espace. Mon ouïe était exacerbée, cherchant en mémoire ce qui pouvait correspondre à autant d’effroi dans une voix.

    Et je vis la « chose » se produire là sous mes yeux, qui cherchaient à s’accrocher à une réalité qui fuyait.

   Etait-ce  un rêve, une irréalité consentie ?

   Un homme se rapetissait, happé par une chauve-souris géante qui le couvrait de ses bras écartelés.

   Il devint comme une enveloppe vide qu’un pied indifférent fit basculer dans l’eau verdâtre.

   L’être maléfique était devenu  un oiseau immense,  comme nourri  de la vie qu’il venait de prendre. Quand il s’était retourné son regard avait capté ma présence!

   Comment pouvait-il me voir… ? Son visage était un masque hurlant rongé par la peste et, ses orbites n’étaient que trous béants.

   Il avait tendu les bras vers moi, comme pour se justifier et implorer. Puis, il avait courbé le dos sous son énorme cape noire qui ne dissimulait qu’en partie son corps mutilé.

   J’étais resté en arrêt, tous mes sens annihilés par l’horreur de la situation.

   Puis, mes 26 ans avaient refusé ce cauchemar récurrent.

  J’avais poussé d’un coup d’épaule la créature dans les remous saumâtres  et je l’avais vu s’enfoncer doucement dans les miasmes profonds, son bras levé dans une ultime supplique.

   Il avait disparu de ma réalité !

   Nous sommes aujourd’hui  le 20 Mars 2015, je vais bientôt avoir 42 ans et, ce matin, un loup a de nouveau attrapé le soleil…

  ANY

 

…mot imposé pour le suivant mafieux.   

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La rencontre...

 

C’était un jour comme les autres. J’avais pris le bus passant : « Les Amoureux par Maupassant ». Destination qui murmurait la Partie de Campagne.

 Dans le parc, j’avançais en glissant sur un tapis rougeoyant. Un banc s’effondrait là, m’attendant.

J’y découvrais un livre oublié.

 Un homme de hasard, surgit de nulle-part était venu près de moi s’asseoir.

-Que lisez-vous ?

 -Ce livre n’est pas à moi.

-Cet objet existe encore ?

-Vous avez dit OBJET, comment peut-on le définir ainsi ?

-Parce qu’à présent il s’empoussière. Il fut un temps, savez-vous, où il véhiculait moult savoir.

-Mais c’est toujours le cas.

-Les nouvelles technologies en ont sonné le glas!

-J’aime cet ouvrage, le humer avec sensualité, en tourner les pages  et aller en amante à la recherche de nouvelles émotions.

J’ai  levé la tête. L’homme s’était redressé.

-Adieu, Madame, je souhaite longue vie à ce livre et à tous les autres.

-On me nomme Henriette Dufour et vous ?

-Johannes…Johannes  Gutenberg.

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