22 mai 2009
Nos petits exercices
Les mots imposés sont soulignés...ou en italique!
L'oraison Brésilienne
L’oraison brésilienne
A Venise, les « je t’aime » sont embarqués
Sur des gondoles embusquées.
Voguent les serments déclamés,
Aux pieds des palais délabrés.
Les masques tombent des étals,
Ce ne sont que marchands du temple
Pourtant des siècles nous contemplent
Sur les berges du grand canal !
Mais c’est sous l’or de la nuit,
Lorsque bruissent les clapotis,
Qu’Arlequin rejoint Colombine
Pour l’aimer en sourdine.
Nous faut-il donc jeter un voile,
Attendre l’heure des étoiles,
Pour qu’un monde soit esquissé,
Redessiné dans nos pensées ?
Alors « viva carnaval »,
Les favelas ouvrent le bal,
Samba dansée pour oublier
Que la misère est colorée.
Mille confettis ont parsemé
La vase noire détrempée.
Nice, Rio, vous le sentez,
Ne sont que roses de papier !
Bientôt elles seront déchirées,
Pas même fanées !
Mettez un crèpe sur le crépon
Et faites deuil d’illusions !
15 mai 2009
L'armoire à mots
J’ai ouvert l’armoire de mots :
C’était le chantier, on en dit trop,
T’avais rangé fidélité
Près des cocottes en papier.
Où donc tendresse est-elle passée
Etait peut-être trop usée ?
Je vais la mettre à épousseter
Sous la pile des usagés.
Amour est là un peu figé,
Sous l’étagère il est coincé,
Entre habitude et négligé.
Sourire à joues est accroché,
Parfois nous le faisons tomber !
Viens donc, avec moi, tout classer.
Nous allons, nos maux, aérer
Et rêve peut encore servir
Marions le avec partir.
Il reste un soupçon de passion
Saupoudré de compréhension,
Tu sais bien et c’est mon défaut
J’ai toujours le...... dernier mot !
Le rire
Aujourd’hui, j’ai cent ans
Mes pas se font pesants
Et je m’en vais sentant
Que mon rire fout le camp
Il a déménagé.
Je l’ai beaucoup cherché :
Dans les yeux des bébés,
Dans l’alcool, les soirées,
Au cœur de l’habitude,
Au confort des quiétudes.
J’ai voulu retrouver
Le rire évaporé.
Celui rebondissant
Aux murs de mon quartier
Et qui allait glaner
Les éclats rugissants.
Pour rien,
Pour un son cristallin
Pour briser le silence
Comme on chante, comme on danse.
Parfois, je crois qu’il repasse...
Alors, je prépare mon corps
Au plaisant soubresaut.
Mais, il est si fugace,
Vient à peine d’éclore,
Qu’il s'étouffe aussitôt !
Vomir les mots...
Je veux vomir les mots en torrents déchaînés et recouvrir ma mauvaise humeur d’un monceau d’excréments.
Je veux que la parole soit mon châtiment et qu’elle se répande tel un tapis gluant dans toute la vallée de mes errements.
Que mes chuchotements détruisent l’ouie des gens et que l’on guillotine mes pensées assassines. Ne tirez pas sur le proseur...il est ailleurs !
Je veux que les étoiles explosent au firmament , que ma muse mendie les « biens » dégoulinants, que l’or soit poussière, la page recouvrant.
Je veux que l’enfer soit mon fief et je m’en vais le paver de si peu de talent.
Je serais le seigneur de démons dévorants, brûlant de mille feux et de mille tourments.
Je me pique de savoir fracasser le clavier, mais jamais, non jamais ne serai encensée.
Dommage
