Le baiser de Lili

 

Je n’aurais pas dû l’embrasser, mais tout de même, ce baiser, c’était du miel, une madeleine fondante, du chocolat en fusion dans un volcan de sensations !

 

J’ai envie de danser, de m’étourdir dans une farandole solitaire, sans mains pour tenir les miennes, à petits pas, à la façon des Geishas.

 

Ce que j’éprouve ne peut se définir par des mots, seulement par des silences qui s’effilochent telles les notes d’une musique que je compose avec mes sens.

 

Le lampadaire me renvoie l’image d’un autre qui se noie sous une lumière trop crue. Nous sommes infiniment petits, écrasés par le poids des non-dits, des trop gardés en bouche et en cœur : insectes qu’un jardinier aurait déterrés pour leur donner un léger souffle de vie.

 

Non, vraiment, je n’aurais pas dû l’embrasser !