LES MOTS POUR LE DIRE...

Des mots au secours des maux. L'encre pour peinture, le crayon pour pinceau...

12 septembre 2009

C''est si bon

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c'est si bon!

d'être grande soeur!

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16 juin 2009

DIEU OU DIABLE ?

C’était une nuit sans lune, presque sans étoile où l’obscurité dissout les êtres et les sentiments,

où le néant vous avale et vous digère.....comme un excrément !

Une nuit sans clair-obscur, sans chat huant, sans ombre ni mystère sans faux-semblant...ni pressentiment !

Je m’étais égarée à la fuite du jour, absorbé par un typhon géant que l’on nomme « temps », et déambulais à la dérive.

vacance_janvier_2006_029

Une rue, puis une autre jouant à cache-cache avec la précédente, rond-point sans point d’encrage, trottoir glissant, portes sans fenêtre, fenêtres closes, volets repoussants !

Caniveau débordant, cris de chalands, pas nonchalants puis hésitants !

J’arrêtais un passant......

- Je suis perdue, je crois.

- Vous croyez ?

- Je le suppose

- Où allez-vous ?

- Je ne sais plus, je suis perdue je crois

- Vous le croyez ?

- Sans doute

- Il fait très sombre

- Oui, je vous devine sans vous voir

- Que devinez-vous ?

- Un vieillard

- Je suis intemporel, sans âge, ni rage

- Vous ai-je fait outrage ?

- Mais non ! Je suis un sage et ne m’embarrasse d’aucun sentiment ni ressentiment

- Qui êtes vous ?

- Je me croyais "deviné"

- Je suis perdue !

- Allez ! Vous vous êtes retrouvée

Alors, il disparu et la lune revint, telle une fugueuse repentante, lécher de ses rayons mes certitudes naissantes

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06 novembre 2008

L'homme "cassé"

Un peu  déglingué

Adolescence embusquée

Derrière un corps débarqué.

Je le frôle

De ma tôle

Passante

Passée !

Une manche

Flotte aux hanches.

La poupée

Est cassée !

Le temps, toujours, a  rongé...

Les vieux jouets !

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01 décembre 2007

Clic clac!

La photo sera belle.

La pose est maîtrisée

Savamment orchestrée

Sourires stéréotypés,

On a banni le gris

On a gommé le temps

Et caché les poubelles

Derrière le bord blanc.

Les enfants sont en rang,

Ils se tiennent la main

Et s’enchaînent au destin.

Il y a l’homme au chapeau,

Lui, semble bien douter

C’est un cliché de trop

Il est trop fatigué.

Que peut-il donc penser

Son corps semble chargé

De regrets et de peurs

Qu’il n’a point évacués.

Derrière son regard

Je vois le négatif

La part du hasard

Qui nous montre ses griffes !

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05 juin 2007

Le Peintre

Le Peintre à Honfleur.

Il a le regard qui flash. Ses yeux caressent le paysage, contournant les rondeurs, prenant de la distance et fixant les couleurs.

Il piétine à petits pas sautillants, s’exaspérant de notre lenteur.

Le « trait » est dans sa tête. Le sujet prend de l’ampleur.

Son cœur est sa palette, l’instrument de ses humeurs.

Ses doigts, tels des pinceaux, pianotent fébrilement sur l’appareil photo.

Il veut emporter le sujet, l’enfermer à jamais pour le restituer dans un éclaboussement écarlate ! Renaissance dans la douleur, accouchement d’un leurre.

Il est le loup devant la proie, il s’en empare et la foudroie ! Mais sur le tableau immaculé, elle renaîtra !

Je fais partie de l’aquarelle, petite tâche dans un coin de pastels, j’aimerais tant, moi aussi, …colorer la vie.

Mais je n’ai que des mots à poser dans la marge.

Les lettres sont ma gouache et la page est ma toile.

L’homme en rouge est passé …voleur d’âmes et de pensées, au pays des « marines » enchantées, il a tout emporté !

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29 mai 2007

Les amoureux par Maupassant


Il la touche à petits gestes, elle est un saxe sans fêlure apparente. Les yeux osent l’aveu que la bouche a gardé derrière les lèvres closes. Soleil du soir, espoir…prenons la pose pour l’éternité, au milieu des fleurs, sur le banc retrouvé ne laissons pas passer l’été !

Je les ai vu s’enlacer, mon trou de serrure était un bosquet.

Je les ai vu s’en aller, mains serrées et vies en tranchée.

Guerre d’amour courtois, avant l’automne, biche aux abois, chassons les serrements et moissonnons nos cœurs en jachères !

Ces deux là n’ont plus vingt ans, mais ils vont s’aimer pourtant !

Ils prennent le bus passant « Les Amoureux par Maupassant ».

Hasard où ironie du temps, qui fait germer les sentiments.


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19 mai 2007

les chevaux sur le pont

Nuages à l’horizon, moutonnements aériens, bleu noyé dans le blanc…tulle vaporeux, drapé dans le lointain.

Je m’accroche au volant, la vitesse me porte. Je fends la vie, le vent : que le diable m’emporte !

Soudain je les vois, avançant en glissant dans un ciel marbré. Ils franchissent au trot la porte enchantée qui m'éloigne du rêve pour me jeter, vaincue, dans la réalité.

Les yeux écarquillés, je vois passer les cavaliers.

Ils semblent voler et je me prends à imaginer que les licornes blanches des livres de l’enfance, ont quitté le papier pour partir en errance au dessus de mes routes au goudron fatigué.

Une minute à peine pour tout photographier : l’élégance des hommes et la robe racée de leurs montures immaculées.

Puis, les funambules d’un jour ont regagné le monde des contes fabuleux, avalés par la brume, dévorés par les cieux.

Moi, j’ai repris ma route, les mains sur le volant.

Avançant en déroute…mais toujours en rêvant !

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04 mai 2007

Le dossier rouge

Le dossier rouge.

Ses baskets blanches dansent sur le trottoir,

une casquette masque son regard.

Je le klaxonne. Il traverse, absent de son corps,

il avance à tâtons.

On le croirait monté sur des ressorts.

Il marche en trottinant, aérien, détaché,

avec son dossier rouge bloqué sur le côté.

Moi, je ne fais que passer.

Pourtant il m’interpelle avec sa dégaine déhanchée,

ses yeux fatigués,

son air de rêver

et son dossier rouge bloqué sur le coté.

Ses papiers, sont-ils les résultats par médecin demandés,

sont-ils une vie au travail acharné,

qui s’achève en retraite à petits pas pressés ?

Sont-ils demande d’indemnités

ou courrier pour avocat stressé?

Sa vie va-t-elle changer

Avec ce dossier rouge bloqué sur son coté ?

Il devient petit point dans le rétroviseur.

Pourquoi curiosité,

pourquoi s’interroger?

Ce que vivent ces gens qui n’ont rien demandé,

c’est trop « banalité ».

Que dire d’un dossier rouge bloqué sur le coté ?

Posté par anydevreux à 17:44 - A CROQUER PORTRAITS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mai 2007

L'HOMME SANS VALISE...

Il porte sous les yeux, les lourdes valises de ses insomnies.

Fêtard ?... Est-il un fêtard que le couvre-feu du temps a enserré plus sûrement que des fers ?

N’a-t-il plus rien à vendre que des rêves inassouvis, des trains sans départ, des plages au sable noirci par la pollution de ses non dits ?

Que n’a-t-il su partir au temps des passions folles, pour libérer des cris pourfendant comme glaive et sentir son corps fondre et se liquéfier sous l’étreinte qui achève ?

Ce fut un festival de rendez-vous manqués. Le destin, ce crétin, s’est trompé.

Sa vie ?... un autre a du en hériter.

La Louisiane, les ombrelles et le jazz qui vous noie sous l’émotion trop brève, la main furtive glissée sous votre bras, le sourire qui apaise et la chair de votre chair embarquée sur la barque aveugle de votre tendresse :…tout a été noyé dans l’arche de vie tronquée.

Le destin, ce crétin s’est trompé…

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27 avril 2007

LA FEMME AU PANTALON ROSE

Elle est entrée à petits pas, frôlant les murs, ne sachant comment transformer son corps en ombre glissante et diaphane

Son pantalon rose la désignait aux regardx acérés des souffreteux de la salle d’attente. Ses ongles rongés racontaient son angoisse et sa peine.

Elle est restée quelques minutes dans l’entrée, pour mieux cerner l’arène avant de s’y jeter !

Pourquoi l’ai-je regardé avec une attention bienveillante ?

Parce qu’une poussette était son fardeau, parce que dans cette poussette il y avait sa croix et son purgatoire, parce qu’elle aimait l’objet de sa disgrâce et que cet amour transparaissait dans tous ses gestes.

Son fils devait avoir huit ou neuf ans, mais sa tête avait refusé ce que son corps avait consenti : grandir. Il criait, pleurait, se comportait comme un enfant de deux ans et elle, le nourrissait de chewing-gum à la fraise s’empressant à lui essuyer les lèvres pour lui éviter cet enfer supplémentaire : l’abjection.

L’enfant s’appliquait à enlever le papier argenté avec beaucoup de sérieux, puis il engloutissait la friandise, l’avalant sur le champ.

Et, elle, inlassablement l’occupait ainsi pour l’empêcher de hurler.

Personne ne lui en savait gré et les regards réprobateurs la couvraient d’un grand manteau d’opprobre.

L’appel du médecin m’a séparé d’elle, mais je ne l’oublie pas : cette femme en rose aurait pu être moi !

Posté par anydevreux à 10:32 - A CROQUER PORTRAITS - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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