LES MOTS POUR LE DIRE...

Des mots au secours des maux. L'encre pour peinture, le crayon pour pinceau...

03 octobre 2009

Un alphabet à ma façon...

Meg___la_Mer_105

Amour, amitié,

La saison des a est passée

Pour les b tout peut commencer

Bêtises, bévues, berner

Les c sont retranchés

Dans la vulgarité.

Il faut bien concéder

Qu’arrive le d

Désir et destinée.

Et,

Elevons le débat

Erotisme, ébats

Font le f avancer.

Frissons, frimas,

Gérons le froid.

Trouvons le point g.

J’ai un h aspiré

Ignorons le,

Icône, Icare

J’y brûlerai mes l

En survolant le k.

M moi !

Pas de n

Oh permet moi

D’ignorer le q

L’r de rien.

S trop te demander ?

Ténacité, tension, électricité

Dans l’air d’u tant,

De temps en temps.

Je v te dire

Le w fera le guet

Devant le x

Je signe d’un z

Mais

N’est pas Zorro qui veut

Le y ne peux !

 

 

 

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25 septembre 2009

TEXTOPHAGES ! ! !

Vous êtes textophages

Et je dois dans la marge,

Faire valser le mot

Peut-être celui de trop !

 

Dans ma prison, je nage

Sur une vie trop sage

L’écriture est ma bouée

Et, si vous la percez,

 

Je connaîtrai le fond.

En attendant, lisez,

Connaissez mes pensées,

Sans doute de bon ton !

 

Elles sont édulcorées

Presque prédigérées

Vous garderez la ligne,

Moi, j’écris en sourdine

 

Postez des commentaires

Oui, vous pouvez le faire...

Cliquez allègrement

Merci infiniment

Any

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24 septembre 2009

Rien à dire

Ecrire pour ne rien lire

Parler pour un silence

De trop. ! Perdre patience

Partir sans voyage

Par peur du naufrage

Ramener sa non science

En avoir conscience

Par trop de suffisance

Ecraser les consciences

Effacer la distance

Qui mène à l’outrance

Ecrire pour ne rien dire !

 

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08 juillet 2009

8 Juillet 44

 

Le Sacré Cœur,

Le patronage,

Messe de 11 heures

Parc à fourrage ;

Les jeudis à Bollée,

Et le père Poirier

La mère Métaie,

Et son crochet

Le 46, rue du 11 Novembre,

La bénêche et ses méandres,

Les Ledru, les Girard,

Maladie et cafard,

Les tilleuls, les préaux

Confiserie, Caméo.

L’Abc, les sapins

Les pique-niques, les cousins,

Grands-parents

Bruit du banc

Odeur de cuir

Premiers désirs,

Et Noëls rue de Flore

Préfailles encore…

Les chaussures,

Les félures

Les baisers,

Partagés,

Les « c’est moi »,

Claironnés.

L’odeur des galettes,

Les habits de fêtes,

Tes vieux gilets

Que je portais.

Crosville, Pommereuil,

Nos joies, nos deuils,

Les bons moments

Papa, maman,

Rires et chagrins

Tout en commun !

La vie derrière,

La vie devant

Le même sang

Bon anniversaire

Même sans fleurs,

…MA SŒUR !

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13 décembre 2008

Les comptes de Noël

Les comptes de Noêl

Finissent à la poubelle,

Car ils ont goût de fiel

Mais nous semblent de miel.

La carte bleue sautille

Elle danse le quadrille.

Et, valsent les tickets,

Dans le porte monnaie.

Les comptes de noël,

Font peur aux demoiselles

Dans leurs sacs, elles enfouissent

L’objet de tous leurs vices.

Ce compte là n’est pas

Une histoire de roi,

De princesse enchantée

Dans une pays feutré.

Il raconte les trois,

Les dix et les zéros.

Il était une fois...

Où l’on dépensait trop !

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25 juin 2008

Mai.....NON!

La petite boule de Noël

   Il faisait beau. Le ciel était désespérément uniforme, aucun petit nuage pour annoncer l’orage !

  Pourtant, en elle le tonnerre emplissait sa colère, celle-ci dégoulinait tel un manteau d’opprobre, glissait sur ses rancoeurs et inondait son corps.

   Elle remontait, en glissant,  le boulevard Saint Michel, sans un regard sur le monde qui pétaradait autour d’elle.

   Comme un insecte torturé, posé dans un coton poisseux, elle avançait.

   Rue Soufflot, elle eut un haut de cœur et vomit sa jeunesse, sa candeur et...son quatre heure sur les pavés brûlants qui dormaient sous Paris.

   La barricade élevée place du Panthéon, éveilla ses sens anesthésiés.

   Son nez, le premier, avait réagis, un petit futé celui-ci : toujours en première ligne à l’affût de souvenirs, de dangers, ou de désirs.

   Cette fois, il s’agissait de goudron chaud !

   Ses yeux relayèrent la sentinelle olfactive : les flammes avaient brouillées ce damné ciel bleu. Bien fait ! De toute façon, elle était interdite de pureté.

   « Quelle chienlit ! », pensa-t-elle, pourquoi cette mascarade ? Dans dix ans tous ces petits affamés seront rentrés dans le rang, l’avenir les aura broyés : «ordre et prospérité » auront remplacé  « révolution et combat ».

   En attendant, ils étaient là, comme des veaux, hurlant à la liberté !

   Sur les murs, ils étalaient leurs craintes, aux couleurs criardes et gueulaient à la lutte finale, tout en croquant la pomme au jardin d’Eden.


   Le peuple est dans la rue, il pleut, il pleut bergère, tes moutons sont tondus et ils ont froid l’hiver !

   Elle eut un soubresaut, ses yeux voulurent s’enfuir, elle les ferma et se pencha au dessus du caniveau.

   Elle eut la vision d’une plage, d’un corps enchevêtré sur le sien. Elle entendit les vagues mourantes, les sentit lécher ses pieds et ses mains.

   L’amour était une déferlante, le plaisir un pays lointain.

   « Il ne faut pas rester là ma petite dame »

   La police était dans son chagrin ?

   Elle reprit la rue Saint Jacques en chantonnant :

   « Voici le mois de Mai, les serments volent au vent... »

   Pour elle, ne restaient que les « serrements » et une petite boule lovée au creux du ventre qui grandirait, grandirait, telle un ogre la dévorant.

   Ce fut une boule de Noël, qu’elle accrocha sur l’arbre des ses illusions perdues.

   Bientôt, il fêtera ses quarante ans dans le jardin des sentiments.

  « Elle », les années passant, a repeint sa vie en blanc, lifting du visage et du cœur, petit soleil à l’intérieur.

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22 mai 2008

Le trottoir des cliquetis

   

   Avez-vous connu les soirées engluées de moiteur, dans de petites maisons échauffées ?

   Vous souvenez-vous des veillées, l’hiver au coin de la cuisinière astiquée : chauds les marrons dans le diable et parties de cartes endiablées !

   Mais l’été !

   Nos grand-mères sortaient leur chaise et...leur crochet, cliquetis de mots et d’aiguilles, on épinglait tout le quartier !

   Les filles du marchand de jouets avec la cadette qui avait fauté. Le fruit serait là pour Janvier. Honte...au banc des accusées ! L’aînée était reine de beauté, de quoi alimenter la conversation d’au moins...trois soirées !

   Il y avait là, devant les maisons, embusquées, Philo notre grand-mère, la longiligne madame Ferré, madame Chesnais la bouchère, la mère Bougard en tablier ! (En Sarthe, la mère ou le père étaient des termes usités).

   Le trottoir était immense : terrain de jeux pour l’enfance et pour la vieillesse désoeuvrée, un salon pour...causer !

  Le spectacle pouvait commencer : route étroite, vélos languissants sous l’été, voitures improbables, passants peu pressés.

-« Bonjour Mesdames, belle soirée ! »

   Il n’y avait pas la télé. On ignorait alors, qu’à l’autre bout du monde, ta terre avait tremblé.

   Le drame était dans notre rue, derrière les volets clos, dans le hurlement des sirènes ou, accroché à la serviette de cuir du médecin de quartier.

   Une voisine malade ?...la petite mère Poirier. Je la connaissais peu.. Une voiture noire, embarquait l’oubliée !

   Mais revenons à l’histoire...de notre trottoir.

      Il y avait : la cordonnerie et Philo, les demoiselles aux chapeaux, puis la maison des Bougard et la boucherie des Chesnaie.

   Devant la forge, des carrioles alignées (Philo disait voitures à bras et elle ramassait le crottin de cheval pour la bonne santé de ses fleurs.)

   Lorsque l’on entrait, nous frôlions l’enfer et le visage de François rougeoyait dans la pénombre noirâtre. Le sol était en terre battue. A droite, Madame Bougard guettait derrière ses rideaux de cretonne. Elle me faisait signe : toujours un gâteau au fond de la boite de fer sur le couvercle de laquelle souriait un enfant pour l’éternité.

   Je me souviens qu’elle s’essuyait les mains sur un grand tablier, qui recouvrait toujours une jupe ample et noire.

   Elle avait le visage rond et jovial, le verbe haut et la langue acérée. Mais, elle m’aimait bien, je crois.

   La « mère Ferré » habitait une petite maison sombre sur l’arrière, bien rangée, bien encaustiquée. Elle était sèche et droite, col montant et empesé. Je lui rendais très peu visite !

(pas de boite pour attirer les gourmandes) !

   Pour Madame Chesnais, c’était une personne corpulente et je me suis longtemps demandé, si elle avait des jambes !

   Elle n’était pour moi, qu’une femme tronc, avec des bras dodus qui voltigeaient en rendant la monnaie : 

   -«  Et avec ceci ? Faut-il vous l’envelopper ? »

   Philo recevait pour quatre heures à la cérémonie du thé. Elle faisait immuablement un cake et je me gavais de la conversation de toutes ces grand-mères en mal d’animation !

   Et si elles revenaient toutes ces petites ombres de l’ombrageux nuage de l’oubli, pour réinvestir leur trottoir aux cliquetis ?

   Que trouveraient –elles ?

  Des parkings alignés devant ce que furent leurs portes, des voitures en cohorte, une banque dans la forge, une autre en boucherie et une immeuble laid dans ce qui fut la cordonnerie.

   Plus de :

   -« Bonsoir Mesdames, belle soirée ! »

....les vieux sont devant la télé !

   

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30 avril 2008

C'était un premier Mai...

De Marie-Antoinette, le prénom choisi, tu ne gardas que la deuxième partie te séparant, pour ta jumelle, de Marie.

Moi, je n’ai connu que Nénette, mais j’ai deviné Antoinette derrière les photos jaunies.

J’ai vu la jeune femme amoureuse, aux cheveux gonflés sur le front, à la jupe vaporeuse. J’ai compris qu’elle était heureuse, bien que sa jeunesse s’use sous les bombes qui fusent.

Je me souviens de mes Noëls de petite fille, au 88 rue de Flore, lorsque la tristesse et la mort nous étaient encore inconnues.

Cadeaux cachés, paroles feutrées, grande tablée, chaleur d’un clan retrouvé pour la veillée.

Et les pique-niques d’antan, lorsque nos parents s’en allaient aux sapins prendre l’air et que la bandes de cousins s’étourdissait en couses éperdues ! Les joues rougissaient sous l’émotion et le froid, le paradis existait alors !

Est-ce vers celui –là que tu es partie ma tante, vers celui des beaux dimanches qui chiffonnaient ta robe et faisaient briller tes yeux ?

Croques-tu, là haut, des cerises au jus vermillon qui éclatent tes lèvres et font gonfler ton cœur comme au temps des flonflons et des fleurs ?

Nous te pensions immortelle !

Jusqu’à ce jour de mai, si plein de souvenirs,qui t'a vue partir.

Ce brin de muguet là, tu ne l’as pas cueilli, quelqu’un l’a déposé entre tes doigts meurtris.

Tu t'es esquivée sans faire de bruit.

« Ne vous dérangez pas, je m’en vais. Ouvrez les portes, faites venir les enfants de mes enfants, donnez-leur des cousins à aimer et des fous rires à partager. »

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05 mars 2008

Je sais, je sais, je sais...

toujours "bonjour tristesse"....mais mon père ne va pas bien et je suis....

je n'ai plus de mots!

merci pour votre fidélité muette...enfin pas toujours!

Any

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22 février 2008

Le vol de "Petit Pierre"

    Il a taché sa jolie chemise bleue!  Cette idée aussi d’avaler un yaourt à la fraise dans un car roulant à toute allure.

    Il avait promis à maman de ménager sa toilette. Gagné ! Un soleil rouge éclate sur son ciel immaculé !

   Tant pis ! Rien ne pourra gâcher son plaisir et l’immense excitation qu’il ressent en partant vers l’inconnu.

    Pourtant, il a serré les dents en s’éloignant de maman, ses lèvres ont tremblé, ses jambes se sont dérobées et son cœur s’est emballé en la voyant devenir un petit point blanc sur la route, qui défilait comme un ruban noir de deuil.

    Et c’était bien un deuil qu’il lui fallait faire : celui des câlins maternels.

    Il a pris l’avion pour la première fois. L’hôtesse lui a mis une  pancarte autour du cou, comme s’il était une valise, un bagage abandonné dans la soute. Les autres riaient et s’esclaffaient.

   Il a vu par le hublot le grand oiseau s’envoler et s’est pincé jusqu’au sang pour se prouver qu’il était bien en équilibre sur les ailes déployées.

   « Petit-Pierre a peur ! Regardez madame, il est tout blanc ! »

   « Je n’ai pas peur ! Je vole et je vois enfin l’envers des nuages. »

   La femme assise à ses côtés l’a regardé et a souri : elle devait voler elle aussi !

   Ensuite, tout est allé très vite : il a vu la mer, les montagnes et les plaines. Il est monté à dos de chameau, a traversé le désert et mangé du serpent ! Mais rien n’a égalé sa course dans le vent, sur le grand oiseau blanc !

   « Pierre, Pierre…ton chocolat t’attend ».

   «  Maman ? »

   « Tu as rêvé mon ange, je t’ai entendu crier de la cuisine : je vole, je vole ! »

   

Posté par anydevreux à 19:06 - MES TEXTES - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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